
Haute, étroite, une seule porte et des étagères profondes : la bonnetière est le meuble d’autrefois que l’on hésite le plus à jeter et le moins à garder tel quel. Trop sombre, trop rustique, elle finit souvent dans un couloir ou un garage. Pourtant, c’est l’un des meubles que l’atelier préfère relooker, parce qu’elle rend service partout et que sa silhouette simple accepte presque tous les styles. Huit bonnetières sont passées par l’atelier ces dernières années : voici, étape par étape, comment offrir une seconde vie à une bonnetière ancienne, et les styles qui lui sont donnés.
La bonnetière, un meuble d’autrefois toujours d’actualité
La bonnetière est un meuble vintage qui reste d’actualité : étroite et haute, peu profonde, elle offre un grand volume de rangement pour un encombrement minimal. On la trouve très souvent dans un séjour pour y ranger la vaisselle, mais elle accueille tout aussi bien le linge de maison ou les affaires d’une chambre. Celles qui arrivent à l’atelier sont en merisier ou en chêne massif, parfois en cerisier ou en placage de noyer, plus rarement en placage de chêne sur MDF. Les styles vont du Louis XV et du Louis Philippe à l’Art déco des années 30, avec de temps en temps un miroir sur la porte ou un grand tiroir en partie basse.
Du merisier verni à la craie patinée puis au carbone : la silhouette ne change pas, l’ambiance de la pièce, si.
Étape 1 : le diagnostic et la restauration
Avant de parler couleur, on regarde l’état du meuble. Une bonnetière familiale qui a traversé plus d’un siècle arrive rarement intacte : d’importantes fentes à reboucher, des pieds galbés à reconstituer, des galeries de vers de bois à traiter puis à combler, une serrure d’origine à changer, une porte à réajuster et des systèmes de fermeture usés par les décennies. Sur une armoire bonnetière Art déco, il a aussi fallu décoller de vieux papiers adhésifs à l’intérieur et remplacer les étagères par de nouvelles en bois massif. Cette préparation est longue, mais indispensable : c’est elle qui garantit la tenue de la peinture dans le temps.
- 1RestaurationFentes rebouchées, pieds reconstitués, traitement des vers de bois, serrure et fermetures changées, porte réajustée.
- 2PréparationPonçage ou décapage complet, nettoyage et dégraissage. Sur le chêne, un bloqueur de tanin avant la sous-couche.
- 3Sous-coucheBlanche pour les teintes claires, teintée pour le carbone ou le basalte : la clé d’un rendu uniforme.
- 4Peinture et effetsDeux couches, intérieur compris, puis patine, usures shabby, pochoir en relief ou effet bois selon le style choisi.
- 5FinitionVernis vitrificateur mat ou satiné sur tout le meuble, pose des poignées et entrées de clé.
Étape 2 : la préparation du support
Une bonnetière en bois massif est poncée pour retirer l’ancien vernis ; sur le chêne, le châtaignier ou le merisier massifs, l’aérogommage est une autre façon de mettre le bois à nu. Quand le meuble a déjà été peint, comme la bonnetière « Café Paris » en placage de chêne et MDF, il faut le décaper et le poncer entièrement pour retrouver une bonne adhérence. Vient ensuite le nettoyage, puis la sous-couche adaptée au support et à la teinte finale, comme pour tous les relookings de meubles de l’atelier.
Étape 3 : choisir le style de sa bonnetière
C’est ici que tout se joue. Voici les cinq directions données aux huit bonnetières passées par l’atelier.
Claire et patinée, pour une ambiance reposante
Sur une grande bonnetière Louis Philippe en merisier, la teinte craie domine, adoucie par une patine lin, puis une finition patinée vieillie couleur ombre souligne les angles, la corniche, les contours et la ferrure. Sur la façade, un pochoir « faux ronds » appliqué en relief par enduit et légèrement ombré lui donne son originalité. De nouvelles poignées coquilles en laiton vieilli facilitent l’ouverture du tiroir. Dans le même esprit, une lingère bonnetière des années 1900 en placage de noyer a reçu une teinte brume nuancée de patines bleu acier, aluminium et météorite, avec un effet veinage bois sur les tiroirs.

Sombre et contemporaine
Une très ancienne bonnetière en cerisier de l’époque Louis XV a été peinte en carbone, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour s’harmoniser avec le séjour cosy et contemporain de ses propriétaires ; ses gonds d’origine ont été peints et patinés or, et son entrée de clé en laiton en forme de losange remplacée avec la serrure. Une bonnetière Louis Philippe en merisier a pris un joli ton basalte, avec les rectangles de la façade, la corniche et les côtés patinés en noir pour contraster ; l’entrée de clé laitonnée a été conservée et repeinte avec la clé.
Bicolore et chic
Une bonnetière en chêne, classique et robuste, a été déclinée dans deux teintes sobres et contrastées, ondée et basalte, puis une patine aluminium a été appliquée sur ses courbes, ses gonds et sa serrure, les arêtes légèrement vieillies. Le meuble reste intemporel, mais il entre dans une atmosphère plus contemporaine.
Shabby et motifs, pour un meuble qui a du caractère
La bonnetière « Café Paris » a changé radicalement de couleur : carbone en couche supérieure, ondée en dessous, usures volontaires sur l’ensemble, ferrures et clé comprises, et une enseigne en relief sur la façade. L’intérieur est repeint en ondée, l’étagère en carbone. À l’opposé, une petite armoire bonnetière grillagée a quitté son jaune pour un shabby tout en douceur : corde en première couche, craie dominante, encadrements et fleurs en bois peints en blanc, angles vieillis. Elle a retrouvé sa place dans une chambre au style cocooning.

Bois apparent et effet bois
Une armoire bonnetière Art déco en chêne des années 30, avec ses sculptures florales et son miroir biseauté, a été entièrement poncée ; les détails décoratifs sont restés en bois brut. Les nouvelles étagères ont été teintées en bois flotté, l’intérieur éclairci par une peinture écume et une toile claire pailletée, et le verso de la porte peint en effet bois chêne clair, avec un pochoir en relief « Maison de tradition ». Les poignées d’origine ont été conservées, nettoyées et repeintes.

Étape 4 : l’intérieur, les ferrures et la finition
Une bonnetière s’ouvre tous les jours : l’intérieur compte autant que la façade. Il est presque toujours repeint, en ondée, en craie ou en carbone, parfois avec une étagère d’une autre teinte en rappel. Les ferrures se traitent au cas par cas : conservées, nettoyées et repeintes, patinées or ou aluminium, ou remplacées par des poignées coquilles et une entrée de clé losange. Enfin, l’ensemble du meuble est protégé par un vernis vitrificateur, satiné pour un rendu lumineux, mat pour un style plus naturel. C’est cette couche qui permet un entretien simple, comme l’explique l’article entretenir un meuble peint et patiné.
- La silhouette et les courbes d’origine
- Les sculptures, parfois laissées en bois brut
- Le miroir biseauté d’une porte Art déco
- Les gonds et poignées d’origine, nettoyés et patinés
- La teinte, à l’intérieur comme à l’extérieur
- Les étagères abîmées, remplacées en bois massif
- La serrure usée et l’entrée de clé
- Les poignées, quand une coquille facilite l’ouverture
Où l’installer ensuite
Dans un séjour, une bonnetière relookée range la vaisselle sans prendre la place d’un buffet ; en teinte carbone ou basalte, elle s’intègre à un salon cosy et contemporain. En craie patinée ou en shabby doux, elle trouve sa place dans une chambre cocooning. Pour vous faire une idée des rendus, parcourez les réalisations de l’atelier, ou venez apprendre les gestes de la patine dans les ateliers de relooking en petit groupe.
Questions fréquentes
Une bonnetière très abîmée vaut-elle la peine d’être relookée ?
Oui. Ma bonnetière en cerisier Louis XV avait plus d’un siècle, des fentes importantes, des pieds à reconstituer et des vers de bois : après restauration et peinture carbone, elle est repartie dans un séjour contemporain. Un bois massif ancien se répare presque toujours.
Quelle couleur pour une bonnetière ancienne ?
Tout dépend de la pièce. La craie patinée lin apporte une ambiance claire et reposante ; le basalte ou le carbone donnent un meuble sobre et contemporain ; un bicolore ondée et basalte reste chic et discret. Dans tous les cas, une patine légère sur les reliefs évite l’effet trop uni.
Peut-on garder le miroir et les sculptures ?
Bien sûr. Sur l’armoire bonnetière Art déco, le miroir biseauté est resté en place et les sculptures florales ont été laissées en bois brut après ponçage, en contraste avec les parties peintes. Ce sont ces détails qui font le caractère du meuble.
Comment moderniser une bonnetière sans la dénaturer ?
Par petites touches : une teinte sobre, une patine légère, une serrure neuve et des poignées coquilles. On ne coupe rien, on ne sculpte rien ; on peint, on protège au vernis, et le meuble garde sa silhouette d’origine.
En conclusion
Étroite, pratique et pleine de charme, la bonnetière ancienne mérite mieux qu’un couloir sombre. Restaurée, préparée avec soin, peinte dans une teinte qui lui va et protégée par un vernis, elle redevient un meuble que l’on regarde. Si la vôtre attend son heure, envoyez-moi une photo par le formulaire de contact ; l’atelier est à Bonchamp-lès-Laval, près de Laval en Mayenne, et vous recevrez un avis honnête. Vous cherchez plutôt une bonnetière déjà transformée ? Passez par la boutique pour voir les pièces disponibles.
